Le Fruit défendu
Avec des mots banals
sur le vide du papier j’écris :
« je t’aime ».
Sans, comme autrefois,
me demander
« qu’est-ce qu’aimer » ?
Les voisins dorment
autour de moi il n’y a personne
je suis comme dans une sorte d’ivresse heureuse
une illusion s’est emparée de moi
comme si j’étais libre !
Maudit sois-tu, démon de la lucidité !
Maudit soit l’ordre de tout ce qui demeure !
Mais cette nuit ici nul signe de permanence :
d’entre les carreaux vient le bruit d’une souris
une souris qui creuse un tunnel.
du robinet de la cuisine
coule une cascade rapide
et sur la flamme, dans la bouilloire,
un rossignol chante.
Mais jusqu’au matin il ne reste qu’un souffle
une heure de la liberté cachée d’être soi.
une heure du brûlant « être avec soi ».
Dis-moi vraiment,
connais-tu quelqu’un
qui dans ses songes et ses rêves
n’ait jamais mangé le fruit défendu
ou sous les oreillers de la nuit
n’ait jamais caché un coin de son cœur ?
Comme toi, comme cent mille autres
moi, la main dans la main du diable,
sur le cadran d’une horloge sans aiguilles
une fois encore j’écris la phrase
cette phrase
une fois encore.
Quand le « jour » arrivera
avec ses pièces cousues, fragiles et pourries
avec cent mille cœurs cachés
sous les oreillers humides,
alors, alors
les bouts de papier raturés, vite et en tremblant,
dans le ruisseau derrière le mur de ma cour
je les jetterai.
Mais vois...
d’ici là
tant qu’il reste du temps
une fois encore
encore
une fois encore
encore...
Traduction automatique du persan
Texte original (persan)
میوه ی ممنوع
Soleil, lune
با واژه هایی مبتذل
بر روی پوچی های کاغذ می نویسم :
"دوستت دارم ".
بی آن که مثل وقت های پیش
از خود بپرسم
"دوستی چیست" ؟
همسایه ها در خواب هستند
در حول و حوشم هیچ کس نیست
گویی نگویی سرخوشانه حالتی دارم
وهمی مرا برداشته
انگار آزادم !
نفرین به تو ابلیس هشیاری !
نفرین به نظم هر چه باقی !
امشب ولی اینجا نشانی از بقا نیست :
از لای کاشی ها صدای موش می آید
موشی که دارد نقب می سازد .
از شیر آب آشپزخانه
یک آبشار تند جاری ست
و روی شعله ، توی کتری
بلبلی آواز می خواند .
تا صبح اما یک نفس باقی ست
یک ساعت از آزادی خود بودن پنهان .
یک ساعت از "با خویشی" سوزان .
تو راستی ،
آیا کسی را می شناسی
که در خیال و خواب های خود
هر گز نخورده میوه ی ممنوع را
یا زیر بالش های شب
پنهان نکرده گوشه ای از قلب را ؟
مثل تو مثل صد هزاران آدم دیگر
من دست در دستان ابلیس
در صفحه ی یک ساعت بی عقربه
یک بار دیگر می نویسم جمله را
آن جمله را
یک بار دیگر .
وقتی که "روز" از راه می اید
با وصله های سست پوسیده
با صد هزاران قلب پنهان
در زیر بالش های نم دیده ،
آن وقت ، آن وقت
من پاره های کاغذ خط خورده ای را تند و لرزا ن
در جویبار پشت دیوار حیاطم
پرتاب خواهم کرد .
اما ببین ...
تا پیش از آن
تا وقت باقی ست
یک بار دیگر
باز هم
یک بار دیگر
باز ...