Le bulletin de l’air vous est présenté.

Téhéran – hiver 1392 C’est un peloton d’exécution jour et nuit une fusillade, de la terre et des airs : balles visibles, balles invisibles. Les balles traversent le mur, le rideau, les vêtements sur nos corps. Les balles traversent les barreaux de la cage de notre poitrine. les remparts de notre crâne fragile. Balles de plomb, balles d’ondes. Empoisonnées visibles, invisibles. Le petit cœur, accéléré, ralenti, bat irrégulièrement contre la poitrine. Le petit cœur, le cœur nu, le cœur nouveau-né blessé par la blessure de la balle en moi, en toi, dans notre poitrine. Je passe d’une rue de fumée à une rue de fumée dans la ville de fumée. Je passe près des arbres dépouillés de leurs feuilles, tous les jours. Quel est ce lieu ? Quelle est cette montagne de douleur sur ma poitrine ? Je passe le souffle haché, haché, lourd comme du plomb. Tu passes, à côté de moi. Tu passes les cheveux en bataille, le visage creusé de rides. Je vois la douleur dans ta poitrine dans ton œil dans ton regard sans lumière vers l’autre côté de la montagne d’ordures dans le caniveau. Dans ton regard plein de larmes vers la poitrine brûlante de l’encens de rue, vers la main bleuie et tremblante, vers le visage jaune du narcisse derrière le feu rouge. Tu vois la douleur dans mon regard désespéré vers le rideau sale de la poussière, vers le feu rouge, vers le barrage dressé contre la brise libre. Tu vois la douleur dans mon regard mouillé de larmes vers les horizons lointains, derrière le nuage noir avec l’espoir d’un autre air, l’espoir d’un air neuf, d’un autre ciel. Je vois les balles de plomb - tirées du noir tuyau d’essence - dans la colonne vertébrale de ma ville, dans le squelette sans défense de l’homme, dans mon cœur. Quel est ce lieu ? Quel est ce lieu ? avec l’avis : Respirer interdit ! suspendu, pendu par la gorge à chaque mur ? Quel est ce lieu ? Cette ruine ! La ruine laissée par l’attaque nocturne du pétrole perfide. Ils ont mis le feu au champ de blé, au ruisseau, à la roseraie. Respiration suspendue ! Le souffle haché, haché – furtivement - j’erre dans la ville : je vois la douleur sur la poitrine de chaque branche sèche, dans le platane séculaire, dans le jasmin fané, dans les rides du coing vert et décoloré. Je vois la douleur ! Au frisson du vent lointain, mon cœur cogne contre ma poitrine : était-ce là le paradis promis ? cet étouffement ? cet étouffement ? Mon cœur cogne contre ma poitrine : je vois la mort dans cette ville, dans un grand Auschwitz du nom de Téhéran ...

Traduction automatique du persan

Texte original (persan)

گزارش هوا تقدیم می شود .

Toutes les roses rouges

تهران – زمستان 1392 تیر باران است روز وشب تیر باران ، از زمین و هوا : تیر های مرئی ، تیر های نامرئی . تیرها می گذرند از دیوار از پرده از لباس تن ما . تیرها می گذرند از حصار قفس سینه ی ما . از حصار جمجمه ی نازک ما . تیر های سربی ، تیر های موجی . زهر آلود مرئی ، نا مرئی . قلب کوچک تند شده کند شده نامیزان می کوبد بر سینه . قلب کوچک قلب عریان قلب نوزاد زخم شده ، از زخمه تیر در من، در تو ، در سینه ی ما . می گذرم از خیابان دود به خیابان دود در شهر دود . می گذرم از کنار درختان بی برگ شده ، در تمام روزها . این جا کجاست ؟ چیست این کوه درد بر سینه ی من ؟ می گذرم با نفس های بریده بریده ، سنگین مثل سرب . تو می گذری ، از کنارم . می گذری با موی ژولیده ، صورت پرآژنگ . من درد را می بینم در سینه ی تو در چشم تو در نگاه بی نور تو به آن طرف کوه زباله در جوی . در نگاه پر اشک تو به سینه ی داغ اسفند ، به دست کبود لرزان، به صورت زرد نرگس پشت چراغ قرمز . درد را می بینی در نگاه مایوس من به پرده ی چرک غبار ، به چراغ قرمز ، به سد نسیم آزاد . درد را می بینیدر نگاه اشک آلودم به افق های دور ، پشت ابر سیاه با امید هوای دیگر ، با امید هوایی تازه، آسمانی دیگر . می بینم تیرهای سربی را - پرتاب شده از لوله ی بنزین سیاه - در ستون فقرات شهرم ، در اسکلت بی دفاع انسان ، در قلبم . این جا کجاست ؟ این جا کجاست ؟ با اعلان : تنفس ممنوع ! آویزان حلق آویز از گلوی هر دیوار ؟ این جا کجاست ؟ این ویرانه ! ویرانه ی باقی مانده از شبیخون نفت مکار . آتش انداخته اند در گندمزار در جویبار در گلزار . تنفس موقوف ! با نفس های بریده بریده – دزدانه - در شهر می گردم : درد را می بینم بر سینه ی هر شاخه ی خشک ، در درخت چناردیر سا ل ، در یاس پژمرده ، در چین و چروک بِه بی رنگ کال . درد را می بینم ! با لرزش باد دور دست ، قلبم می کوبد بر سینه ی من : این بود بهشت موعود ؟ این خفقان ؟ این خفقان ؟ قلبم می کوبد بر سینه ی من : مرگ را می بینم در این شهر ، در آشوویتس بزرگی به نام تهران ...
Poème au hasard