Expérience

Hier soir je suis devenue sel devenue amère j'ai couvert mes yeux j'ai rendu ma vue trouble et tremblante trouble et tremblant j'ai rendu le monde entier jusqu'au lointain, jusqu'à chaque horizon possible particulier et tous les horizons communs jusqu'au fondement de la création ; de la douleur d'être séparée de toi. Moi que serais-je sans toi ? Sans toi, n'étais-je pas ? – avant toi ? – avant l'expérience de tes mains ? avant tes caresses. Que m'as-tu fait ? Que m'ont fait tes baisers ? au cours du sang dans mes veines, à mon cœur ? Mille baisers sur ma main sur mes lèvres – comme le baiser du vent – et aucun comme un seul de tes baisers sur mon front, comme la couronne du soleil claire et éclatante au sommet du jour. Qu'est devenue la maison du « moi » ? Une boîte en carton une poignée de fils de paille un édifice ridicule la farce d'une existence : un jouet vide à présent tombé sous la table à mes pieds. Que m'ont-ils fait, le bout de tes doigts ? Et comment, comment ont-ils bâti ce grand, grand palais, cet immense édifice sans farce, en moi ? Un palais flottant, éclatant, vaste, sans ressemblance avec la maison du « moi » hors de tous les décrets antérieurs. Doucement doucement que m'as-tu fait avec tes caresses ? Premier jour du mois d'Esfand : doucement doucement des plumes éclatantes de neige tournoient dans l'air et en dansant tombent sur le corps nu de la terre. Ordibehesht arrive : le cœur de la colline sous l'assaut des coquelicots rouges et brûlants se met à battre. Quel lien y a-t-il entre la neige – soie délicate – et la terre meurtrie ? À quoi ressemblerait-elle un jour d'Ordibehesht – et tous les autres jours – cette colline, sans l'étreinte de cette neige blanche ? Et qu'était-elle avant l'expérience des baisers de neige avant l'expérience des rêves de neige – qu'était-elle – cette planète ? – sans savoir rien qu'une farce sans être – une boîte vide de paille un jouet des mouvements de mes pieds près de la corbeille aux papiers déchirés – textes stériles. Plus doux que la voix des neiges blanches sur le corps de la terre, que m'ont-ils fait, doucement doucement les murmures de tes baisers, comme les colonnes d'un grand palais en moi dans chacune de mes cellules dans chacune de mes larmes qui tombe de ton éloignement…

Traduction automatique du persan

Texte original (persan)

تجربه

Clin d’œil

دیشب شور شدم تلخ شدم چشم را پوشاندم بینائی را تار و لرزان کردم تار و لرزان کردم تمام جهان را تا دور دست ، تا هر افق ممکن خاص و تمام افق های عام تا اساس خلقت ؛ از درد جدائی از تو . من بی تو چه بودم ؟ بی تو نبودم ؟ - پیش از تو ؟ - پیش از تجربه دست هایت ؟ پیش از نوازش هایت . با من چه کردی ؟ چه کردند بوسه هایت با من ؟ با گردش خون در رگ هایم ، با قلبم ؟ هزاران بوسه بر دستم بر لب هایم - مثل بوسۀ باد – و نه همچون یک بوسه تو روی پیشانی من ، مثل تاج خورشید آشکار و درخشان بر تارک روز . چه شد خانۀ « من » ؟ جعبه ای از مقوا مُشتی رشته های پوشالی بنای مضحک مضحکۀ یک هستی : بازیچۀ خالی حالا افتاده زیر میز پیش پای من . با من چه کردند سرانگشتانت ؟ و چگونه چگونه این قصر بزرگِ بزرگ ، این بنای عظیم و بی مضحکه را در من ساخته اند ؟ قصر شناور ، درخشان ، وسیع بی شباهت به خانۀ « من » بیرون از همه احکام پیشینی . آرام آرام با من چه کردی با نوازش هایت ؟ اولین روز ماه اسفند : آرام آرام پَر های درخشان برف در فضا می چرخند و رقص کنان می افتند روی بدن عریان خاک . اردیبهشت می آید : قلب تپه از هجوم شقایق های سرخ داغ به تپش می افتد . چه رابطه ای ست بین برف - پرنیان لطیف – و خاک کبود ؟ چه شکلی خواهد داشت در روز اردیبهشت - و تمام روز های دیگر – این تپه ، بی همآغوشی این برف سفید ؟ و چه بود پیش از تجربه بوسه های برفی پیش از تجربه خواب های برفی - چه بود – این سیاره ؟ - بی دانستن تنها مضحکه بی هستی – جعبه خالی پوشالی بازیچه جنبش های پای من کنار سطل کاغذ های پاره شده - متن های عقیم . نرم تر از آوای برف های سفید روی تن خاک ، با من چه کردند آرام آرام نجوای بوسه هایت مثل ستون های قصر بزرگی در من در هر سلولم در هر قطره اشکم که فرو می ریزد از دوری تو ...
Poème au hasard