La Vue

Touche-moi. Outre ces billes humides qui roulent dans les creux vides de ce visage j’ai d’autres yeux avec lesquels je te vois. Touche-moi. La lanterne de tous mes yeux s’allumera sous ta main. Touche-moi, avec cette main charnelle qui est la tienne. Mes yeux cachés cachés aux yeux de tous voient -avides de l’étang secret- les bonds des courtilières cachées dans un coin de la plaine dans un coin de la nuit au long des milliers de tours que la terre a faits, sèche et brûlante, sur l’orbite du feu. Les yeux de mes lèvres voient le mouvement caché de ta langue qui écrit les lettres de « je veux » contre la voûte de ton palais. Je veux ! Je veux ! Les yeux du bout de mes doigts de l’autre côté des rudes éclats de brique te voient venir vers eux à pas feutrés. Les yeux ouverts de mon puits le plus profond te voient qui, éclatant comme un fleuve de diamant, coules en moi. Éteignez ! la lune, les lampes et les bougies de tous vos poèmes brûlants de passion ; éteignez-les ! Le bras voit les points arrière à l’ourlet de la manche. Le corps voit le fil mince qui a uni toutes les pièces de son vêtement les unes aux autres. Le cœur voit ses artères vivantes. Mes yeux te voient. Touche. Touche-moi ! comme tu toucherais la tige épineuse d’une fleur pour enfin placer une rose rouge sans épines dans ton verre de cristal. Je te vois dans les îles sauvages et étranges des rêves sans fin. Toutes les particules de mon corps sont devenues des yeux ; je te vois avec ces mêmes yeux qui tous mes rêves cachés aux yeux de tous ... Nous sommes enfermés derrière la prison de la peau et des nerfs courts serrés les uns contre les autres ; malgré tout moi dans le sous-sol de la prison j’ai trouvé la porte d’un couloir nous nous évaderons ... Touche-moi ... 20/8/1381

Traduction automatique du persan

Texte original (persan)

بینایی

La Clé

لمس ام کن. غیر از این تیله های مرطوب که می گردند در میان حفره های خالی این صورت چشم های دیگری دارم که تو را با آن ها می بینم. لمس ام کن. فانوس تمام چشم های من روشن خواهد شد با دستِ تو. لمس ام کن، با همین دستِ جسمانی خود. چشم های پنهان من پنهان از چشم همه جست و خیز آبدزدک ها را -به هوای آبگیر مخفی- می بیند مخفی در گوشهء دشت در گوشهء شب در طول هزاران دوری که زمین خشک و سوزان چرخیده در مدار آتش. چشم های لب های من جنبش پنهان زبان ات را می بینند که حروفِ "می خواهم" را می نویسند کنار سقفِ کام تو. می خواهم! می خواهم! چشم های سرانگشتان ام د آن طرفِ پاره های خشن آجرها تو را می بینند که به سوی آن ها می آیی با قدم های نرم. چشم های باز گودترین چاهِ من تو را می بینند که درخشان، همچون رودِ الماس روان در من جاری هستی. خاموش کنید! مهتاب و چراغ و شمع های همهء شعرهای پر سوز و گداز خود را؛ خاموش کنید! بازو پس دوزی های حاشیهء آستین را می بیند. تن رشتهء باریکی را که تمام اجزاء تن پوش اش را جفت کرده با هم می بیند. قلب شریان های زندهء خود را می بیند. چشم هایم تو را می بینند. لمس کن. لمس ام کن! آن چنان که ساقهء پُرخار گلی را لمس خواهی کرد و سرانجام گل سرخ بی خاری را در لیوان بلورت جا خواهی داد. من تو را می بینم در جزیره های وحشی و نامانوس خواب های بی پایان. همهء ذراتِ جسم من چشم شدند؛ من تو را با همان چشمانی می بینم که تمام خواب هایم را پنهان از چشم همه ... ما محبوس ایم پشتِ زندان پوست و عصب های کوتاهِ فشرده در هم؛ با این همه من در زیر زمین زندان در دالانی را پیدا کرده ام ما خواهیم گریخت ... لمس ام کن ... 20/8/1381
Poème au hasard